Copyright 2004 by Dre Zei & ICMU.Dans notre belle société technologique, matérialiste et évoluée (...) du vingt et unième siècle, il peut sembler difficile de concevoir les maux de l'Âme, tels que la Psychépathologie © de l'Institut Clinique les répertorie et les traite. Cette série d'articles essayera donc très humblement de présenter les principaux -en adéquation avec les théories et recherches de notre mentor invétéré, le Dr Richard L. Robert-, tout en les étayant d'une recherche étymologique et historique présidant à leur connotation contemporaine. Au départ donc dans notre monde occidental, lorsque nous faisons allusion au phénomène de possession, nous impliquons irréfragablement le Satan du judéo-christianisme traditionnel, un démon secondaire assujetti au même Satan, ou encore une entité errante du bas-astral résolûment malveillante. Et le principe d'application se révèle toutefois le même dans tous les cas, peu importe le perpétrateur en présence: on parlera donc du fait de littéralement s'emparer des potentialités physiques et /ou psychiques d'une personne ciblée, dans le but de la faire se livrer à des actes obscènes, extrêmes, auxquels elle ne souscrirait pas consciemment, et dont elle ne gardera pas le souvenir subséquemment, dans son état dit normal. Précisons aussi que la caractériologie profonde de cette manifestation nécessite, pour se démarquer de toute pathologie psychologique commune, une nette tendance à des occurrences dites supranormales, loin de la Psychopathologie de la Vie quotidienne de Freud... Cette dite caractéristique ne saurait bien entendu être évaluée ('diagnostiquée') que par des docteurs en Métaphysique ou en Divinité, dont le bagage académique autant que clinique oscille subtilement entre la relation d'aide classique et la culture parapsychologique, ce qui n'est manifestement pas l'apanage de qui-veut dans le domaine. Il va sans dire qu'en admettant les prodiges accomplis par des mystiques bénévolents [miracles chrétiens, ascèses religieuses, lévitations..], on ne peut alors qu'acquiescer à la potentielle réalité de cette psychépathologie. À présent, tel que mentionné dans nos prémisses, considérons les racines originelles mêmes de la possession. Puisque notre héritage occidentale est empreint de catholicisme, nous ne pouvons donc omettre le diable ou Satan en tant qu'initiateur historique -si je puis dire- de ce phénomène. Dans son sens étymologique premier, cette appellation de Satan se réfère en hébreu à une sémantique très proche d'adversaire, de perturbateur et de diffamateur. En arabe, la racine de base qu'est 'sheitan' s'apparie plutôt au diable, malin, turbulent extrême ou encore insoumis de notre langage. Ce terme se distingue donc des racines étymologiques classiques du DJIN ou du DAIMON socratien, qui ont engendré en français les mots 'génie' et 'démon'. Et leur sens n'est pas si opposé qu'il puit y paraître au premier regard: après tout, rappelons-nous que les Djinns dans la tradition arabe relèvent du monde des ombres et de la phantasmagorie, avoisinant ainsi dangereusement un territoire psychopathologique, de par le côté dément, hallucinogène et délirant qu'on leur prête. Et que dire des expressions populaires qu'on leur rattache: 'forcené, lunatique, maniaque ou frénétique'. Oui, il se trouve là une résonance indiscutablement hors de la normale de société que nous sommes invités à considérer.. Le mot diable viendrait quant à lui de 'dia' qui voudrait dire 'fragmenter abruptement', et de 'bolos' signifiant 'éloigner, jeter au loin'. L'acoquinement sémantique se fait conséquemment d'une façon plus que logique avec Satan, puisqu'il se traduit en grec par 'celui qui sépare, qui brise l'harmonie, inspire la haine, la calomnie, l'aversion'. Maintenant revenons au mot démon. Tel que nous l'avons souligné plus haut, ce terme vient du grec daimôn signifiant 'divinité' et par ricochet souvent 'infortune, malheur, mauvais oeil'. Ainsi, lorsque Socrate prêtait oreille à son daimon personnel, l'inspiration était certes éclairante, mais au prix de combien de funestes engeances, puisqu'il périt de la façon que l'on sait, ostracisé par l'aéropage du temps.. À partir de tout ceci donc, que peut-on dire de la Possession ? En fait, être possédé(e) par Satan, un démon ou une entité suggère ouvertement le fractionnement de l'harmonie intérieure, la rupture avec l'ordre extérieur, mettant bien haut en exergue les motifs potentiellement latents de discordre et de confrontation qu'un regard non-évolué, mesquin, platement charnel, rabattrait sur l'impeccable perfection de la Création, une fois souillée d'ignoble façon par la piètre compréhension humaine de sa pureté et de sa beauté viscérale, dépourvue de tout calcul, de tout matérialisme. Mais comme les théories du Dr Robert l'avancent, il s'agit là d'une vision malheureusement erronnée, puisque toute cette description relèverait davantage du folklore judéo-chrétien et serait plus justement qualifié sous le vocable de démonopathie, caractérisant une interférence de la part d'une entité malévolente, tandis que la possession saurait beaucoup plus justement être l'apanage d'esprits désincarnés, aux velléités non nécessairement diaboliques, mais non moins intrusives et dérangeantes pour autant. Car la violence innée de la démonopathie ne peut trouver écho dans le bouleversement psychologique qui suit un cas de possession. Les facteurs d'iconoclasme religieux et de subversion haineuse face à l'humanité en sont définitivement absents. |