Clonage, personnalité multiple et conscience

par le Dr Richard L. Robert, Ph.D., Msc.D., C.Ht.

Copyright 2000 by ICMU. Tous droits réservés.



Les mass media semblent avoir pris en affection la pratique dite scientifique du clonage. En effet, depuis que ce célèbre géniteur animalier appelé Starbuck a défrayé les manchettes avec ses incroyables performances en la matière, l'intérêt pour le sujet semble avoir été relancé pour de bon. Même le célèbre Raël s'empressait récemment, lors d'une entrevue à la télévision nationale, de récupérer cette recrudescence à son compte, en affirmant avoir affecté une équipe de son "organisation" à la réalisation concrète de ce noble projet.. Cependant, qu'est-ce que cette quête cache véritablement, en aparté ?

D'un point de vue psychanalytique, nous pourrions écrire qu'il s'agit en fait d'une recherche extrême d'identité, d'un besoin tel de se découvrir soi-même en profondeur que l'on en vient à ausculter la potentialité intrinsèque de notre organisme charnel jusqu'à en modifier le code de procréation au niveau même de la cellule, pour voir jusqu'où nous pouvons aller sur cette terre.. En des termes scientifiques, le tout apparaît d'autant plus philanthropique (!), que l'idée de base en présence ici serait de permettre à l'Humanité souffrante de bénéficier des lumières de nos grands génies d'ici-bas, en octroyant à l'étincelle personnelle de ceux-ci le privilège de continuer de rayonner pour d'autres générations.. Au niveau métaphysique néanmoins, le clonage peut se concevoir dans une perspective platement pathologique, en ce sens que cela paraît dissimuler une fixation maladive sur le corps physique et ses "propriétés" immanentes, amenant ainsi à perdre de vue son importance très relative dans notre cheminement essenciel, cherchant plutôt à lui permettre d'extensionner dans le temps l'esssence même de ce que nous sommes terrestrement, et cela au détriment de l'évolution de notre âme.

Car c'est là que surgit une pointilleuse question d'éthique: tous les clones extirpés des tripes d'un seul et même individu sont-ils porteurs de la même conscience que le modèle d'origine ? Si oui, est-ce que cela revient bien à dire que la conscience dont sommes habitée est en soi cellulaire, donc physiologique ? Qu'elle se veut subséquemment présente de façon embryonnaire dans le code même d'ADN présent à l'intérieur de ces mêmes cellules.. En prenant cette supputation pour vraie, cela ouvre la porte à une incroyable confusion quant à la multiplicité de manifestation potentielle de l'âme, et à sa capacité sous-jacente à pouvoir animer d'un seul souffle plusieurs incarnations simultanément.. Beau paradoxe en vérité ! À l'instar de la Métaphysique elle-même, nous serions en somme un, unique, mais universel quant à notre expression !

Et dans le même ordre d'idée, poussons ce point de rhétorique encore plus loin, et parlons maintenant de ce syndrome dit de personnalité multiple, alors qu'un individu donné en vient à adopter plusieurs personnalités concurremment, distinctes les unes des autres, mais en un seul psychisme. Cela présuppose t-il que ces multiples personnalités possèdent chacune elles-mêmes une conscience en soi ? Nous comprenons de la sorte aisément les tergiversations hors de l'ordinaire de la Psychologie et de la Psychiatrie contemporaines quand vient le temps de diagnostiquer et de traiter ce problème.. Même les plus grandes sommités dans le domaine s'obstinent -tels des enfants querelleurs- sur les critères d'évaluation à adopter.. Il n'y a pas à dire, cela fait très scientifique, très esprit ouvert !

La réalité, à notre humble avis, c'est que notre société actuelle aime bien complexifier tout ce qui concerne notre vie d'ici-bas, autant que le fonctionnement de l'esprit humain. Peut-être est-ce afin de mieux faire paraître les hommes de science, les soi-disant professionnels de la santé mentale, en faisant croire au commun des mortels que de tels questionnements, de telles réflexions, ne doivent être l'apanage que d'esprits éclairés et avancés, lesquels esprits éclairés et avancés devraient être -justement !- clonés pour préserver leur génie.. La vérité, c'est que le principe premier de la Métaphysique préside ici comme ailleurs: Il n'y a qu'un seul Esprit dans l'univers et nous en sommes tous et toutes des expressions individualisées. En ce sens, cultivons donc le lien privilégié que nous possédons tous avec la Source, ressourçons-nous justement à partir d'elle, et cessons enfin de laisser la société et ses conditionnements biaisés nous créer des problèmes ou nous faire croire que ce qui est matériel est tout ce qui est, tout ce qui mérite d'être considéré...




Retour à la Bibliothèque