Au nom de la Métaphysique, arrêtez !

par le Dr Richard L. Robert, Ph.D., Msc.D., C.Ht.

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Qu'est-on logiquement en droit de s'attendre de la part de quelqu'un se disant métaphysicien/métaphysicienne ? À cette question en apparence anodine correspondent maints éléments de réponse qui se veulent tout sauf anodins. De la même manière qu'autrefois le médecin s'avérait être une personne apparemment noble, distinguée, sérieuse, respectueuse, digne de confiance au milieu de sa petite communauté rurale, qu'en est-il au juste de la perception du grand public d'un praticien en Métaphysique, d'un Docteur dans la même discipline ? À quoi est-on en droit de s'attendre en allant consulter un tel professionnel ?

En tout premier lieu, il convient de revenir à la base même du terme métaphysique, qui signifie au-delà du physique, du domaine des sphères subtiles. Nous serions conséquemment justifiés de nous attendre à rencontrer une personne professionnelle dans sa façon de se présenter [car en soi l'appellation de Métaphysicien suggère une formation spécialisée de la part de l'individu arborant ce titre], donc par surcroît compétente, crédible et digne de nos confidences. Voilà minimalement la première impression qu'il est possible d'éprouver.

Mais il y a plus: tout comme les médecins, psychologues et autres aidants du même acabit -et tout dépendant aussi de l'endroit où il a reçu son éducation professionnelle- , le métaphysicien possède d'ordinaire une formation adéquate pour venir en aide aux gens sollicitant ses services. Cependant, là où ce dernier devrait bénéficier d'une longueur d'avance sur les autres, c'est au niveau de son ouverture d'esprit face à autrui, ouverture, certes, intuitive mais non moins altruiste pour autant. Plus que quiconque, il se doit d'être la preuve vivante qu'il est un guide éclairé, et non un moralisateur directif et illuminé. Qu'il accepte authentiquement les autres tels qu'ils sont, car lui-même ne peut leur venir en aide plus qu'eux-mêmes sont disposés et prêts à s'aider. Oui, cela exige respect, abnégation et humilité..

Qui se dit métaphysicien, doit obligatoirement faire montre d'une conduite de même aloi: méfiez-vous donc des soi-disant experts en la matière qui n'admettent aucune critique, aucune remise en question de leurs idées, ou qui vont même jusqu'à laisser sous-entendre qu'eux et eux seuls détiennent la véritable compréhension de la métaphysique. Car même si la Métaphysique se révèle universelle, atemporelle, il n'en demeure pas moins qu'elle se veut par ricochet multiple dans ses manifestations, sujette à l'individuation toute personnelle que chacun de nous en tirons, au gré de nos incarnations de vie. Et qui, plus qu'un autre, peut prétendre détenir la Vérité en ce sens ? Chaque expérience humaine, chaque vécu individuel possède sa valeur et son sens intrinsèques, qui se veulent tout aussi valables que les supposées expériences mystiques des pseudo-maîtres et pseudo-anciens, aux tignasses toutes aussi blafardes que la pureté de leurs allégeances.

Car ceux qui s'acharnent à de telles prises de position vont carrément à l'encontre de l'essence même de ce qu'est la Métaphysique. Ils s'affairent à voir la paille dans votre oeil au lieu de se départir de la poutre qui est dans le leur. Et se faisant, ils continuent d'avoir raison.. Seuls dans leur coin, ou à la tête de sectes.. Oui, voilà les deux extrêmes qui guettent la pratique de la Métaphysique lorsque mal inspirée. Et comme en toute chose, la modération a bien meilleur goût. On peut -et on doit- avoir la tête dans les nuages, certes, mais tout en conservant les deux pieds solidement ancrés sur la terre ferme.




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