Psychiatrie et Métaphysiquepar le Dr Richard L. Robert, Ph.D., Msc.D., C.Ht.Copyright 2000 by ICMU. Tous droits réservés.
Sous la façade d'une science noble et respectable aspirant à étudier et à comprendre scientifiquement les troubles de l'esprit humain, la Psychiatrie possède pourtant une existence relativement très récente pour prétendre sérieusement à de tels objectifs; sous sa forme actuelle de pharmacothérapie [soit de soins axés presqu'exclusivement sur la médication chimique], elle remonte tout juste au début de notre siècle, tandis que son aspect basique de psychothérapie trouve plutôt ses racines sous Philippe Pinel (1745-1826) qui -le premier- avait humanisé les asiles du temps en supprimant carrément les chaînes et les sévices corporelles qui constituaient alors les seules approches valables (!) face aux difficultés mentales..
En prenant connaissance de tels faits, on ne peut s'empêcher en tant que métaphysiciens vocationnels autant que professionnels de soulever une question: de par sa transcendance millénaire et la profondeur de son rayonnement, ne pourrait-on pas mettre à profit la Métaphysique dans le cours des traitements prodigués aux gens souffrant de tels dérèglements ? De par sa nature intrinsèquement illimitée et accessible à tous, les techniques mêmes de cette discipline ne pourraient-elles pas se comparer avantageusement aux adjuvants aléatoires de la psychiatrie moderne ?
Bien sûr, un tel questionnement s'avère impensable, à la limite même de l'hérésie, si l'on considère la sacro-sainte place qu'occupe le médecin-psychiatre dans la société québécoise, en comparaison de celle du métaphysicien de carrière, libellé qu'il est d'être un quelconque "thérapeute alternatif". Qu'on y pense: dans le premier cas, la carte d'assurance-maladie défraye tous les coûts d'une consultation médicale reconnue, faisant en sorte que le MD n'a aucunement à se préoccuper de sa publicité ou même de la qualité de son approche, puisqu'il sait pertinemment que dans un tel système il se trouvera toujours des gens en détresse pour venir le trouver, gratuité des soins aidant.. Dans l'autre cas, le praticien en Métaphysique doit au contraire continuellement se démener afin d'établir sa crédibilité professionnelle, et se faire convenablement connaître autant qu'admettre dans sa communauté.
Et c'est bien là que se situe le paradoxe, en vérité ! Car celui qui montre au patient comment utiliser ses ressources curatives intrinsèques pour s'aider, enseigne à ce dernier les techniques à utiliser afin de devenir pleinement autonome dans son mieux-être personnel, bref lui remet entre les mains les rênes de son épanouissement et de sa santé, c'est bel et bien le second, et non le premier. Sauf que la Métaphysique ne relevant aucunement de l'industrie pharmaceutique que l'on sait, et de ses milliards de dollars sous-jacents, elle est donc cantonnée dans une marginalité dépourvue de tout respect, de toute efficacité "scientifiquement prouvée"..
En dépit de l'ère du Verseau et de notre belle ouverture "New Age", une telle situation démontre à quel point notre société contemporaine se révèle en fait peu évoluée. Les docteurs en médecine traitent la majorité des désordres humains dans une perspective restrictivement physico-chimique. Les psychiatres font de même en s'attardant strictement aux lésions organiques du cortex cérébral et à son débit de sérotonine, dans le but d'anticiper/de justifier tel ou tel mal. Même qu'il y a à peine quarante ans, l'internement total et la lobotomie s'avéraient des outils psychiatriques de pointe en la matière..
Mais le véritable dilemme se situe ailleurs, beaucoup plus au niveau du temps, soit le nerf sensible de notre matérialisme sociétaire. Après tout, le temps, c'est de l'argent, dit-on. Et il en faut de ce si précieux temps pour écouter une âme désemparée, la conseiller, lui montrer les rudiments de la méditation, ou de toute autre pratique métaphysique. D'un point de vue platement mercantile, prendre du temps pour un patient revient conséquemment à en recevoir moins en une journée, donc à un revenu moindre.. Il devient donc plus aisé -et moralement moins culpabilisant- de prescrire vitement du Prozac ou du Paxil, et de fixer un autre rendez-vous dans deux mois.. À ce rythme, le MD peut ainsi voir quatre à cinq patients à l'heure, soit environ deux cents dollars au taux horaire.. Incroyable, mais vrai. Et malgré tout ceci, il y a de l'espoir..
L'espoir qu'avec l'évolution normale qui caractérise toute espèce, chaque chose devrait revêtir sa juste valeur avec le temps. L'espoir que durant le siècle prochain, les docteurs en médecine, pharmacothérapeutes et psychiatres seront alors véritablement connus pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire de vrais thérapeutes alternatifs s'en remettant constamment à des supports éphémères et extérieurs à l'Être afin de simplement engourdir la souffrance..
Durant le même temps, les docteurs en Métaphysique, les hypnothérapeutes et "psy" transpersonnels deviendront peut-être enfin les authentiques -les seuls- professionnels d'une santé globale, dont l'approche sera articulée sur les bases fondamentales de notre essence divine personnelle. |