L'Assomption de ses Choix
par Dre Marie-Thérèse Rousseau Ph.D.
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En qualité de doyenne de l'Institut depuis bientôt sept ans, il m'est toujours difficile de me rendre aux raisons invoquées par nos étudiant-e-s qui désirent abandonner leurs études avant terme. Il se trouve, certes, moult raisons personnelles qui peuvent justifier fort légitimement une telle nécessité, et loin de moi l'idée de les discuter. Là où je m'interroge toutefois, c'est dans le cas de gens qui se font de plus en plus nombreux à utiliser le syndrome dit de l'Aspirant-se-faisant-discret-pour-être-oublié, c'est-à-dire celles et ceux qui s'inscrivent à un programme avec un enthousiasme feint et qui, dégonflant leur superbe sans raison aucune, se font conséquemment absents et puis muets pour ne pas rencontrer leurs obligations académiques, ou si vous aimez mieux régler la scolarité qu'ils ont engagées.. Et cela en croyant béatement que le tout se fera sans conséquence pour eux...

Qu'une telle pratique se produise allègrement dans des institutions d'enseignement traditionnel, cela peut se comprendre: après tout, chacun-e chemine à son rythme, selon ses prédispositions personnelles. Là néanmoins où ceci s'avère nettement plus difficile à admettre, c'est dans notre domaine de prédilection, c'est-à-dire la Métaphysique, là où les aspirant-e-s sont sensés être plus ouverts, plus responsables, plus assumés, et à plus forte raison lorsque ces mêmes individus se prétendent déjà professionnels ou fort avancés dans leur démarche intimiste.. Ici cela se révèle carrément inacceptable, voire même inconcevable, car au côté lâcheur de la chose se jouxte un volet menteur..

Et pour quelle raison vous demanderez-vous m'avère-je si dure ? Simplement parce que je suis d'avis qu'en s'engageant dans un apprentissage métaphysique, la personne concernée se doit plus que jamais de faire preuve de maturité. Cela sous-entend qu'il faut subséquemment cesser de trouver des excuses, et commencer plutôt à trouver des solutions. Voilà pourquoi. Et s'il y a un champ d'études où les candidat-e-s ne réalisent pas à quel point leurs agissements quotidien, leurs innocentes réactions de recul, leurs opinions ne souffrant d'aucune critique constructive, peuvent trahir la cruelle réalité de leur vide personnel, de leur vanité mal placée, c'est bien le nôtre.

Si nous admettons que le hasard n'existe pas, soit que toutes les occurrences de notre existence ont in per se une profonde raison d'être -ce qui est le propre d'un minimal acquiescement aux fondements basiques de notre science-, ne devrait-on pas alors assumer pleinement la responsabilité de nos choix, l'engagement de nos gestes, plutôt que de béatement battre en retraite, sans explication, en croyant qu'en ne donnant plus signe de vie, qu'on se fera ainsi oublier de notre karma (!), en se convainquant qu'en agissant ainsi nous faisons preuve de.. sagesse ? Et saurait-on s'il-vous-plaît m'indiquer se situe cette soi-disante sagesse, ici, dans cette réaction d'évitement, de fuite, alors que le bon sens métaphysique élémentaire suggèrerait plutôt de faire face à la musique, à nouveau de s'assumer pleinement en ce sens.. Où est-elle la maturité de ces esprits dits spirituels dans leur refus catégorique de se justifier, de s'expliquer ? Et ce sens de la responsabilité, qui se veut le gage de consciences éthérées, à l'intérieur du silence lâche et irrespectueux qui est le leur ?

Voilà qu'une nouvelle année s'amorce, et malheureusement, plus que jamais, tant qu'il y aura l'Homme, il se trouvera forcément toujours de l'Hommerie. Que les politiciens, par exemple, continuent de nous conter fleurette, de nous promettre mer et monde sans jamais rien étayer de leurs engagements, cela passe; nous sommes accoutumés à leur puérilité. En contrepartie, et en ce qui nous concerne collègues métaphysicien-ne-s, c'est que ce que vous êtes viscéralement parle si fort dans le quotidien de vos attitudes, que nous avons peine à entendre les louanges que vous clamez bien haut sur votre compte.. Car il ne faut pas se leurrer: c'est dans les petits gestes anodins que nous exprimons notre grandeur. En ce sens, les vicissitudes de l'existence courante trahissent l'étoffe dont nous sommes faits. Avis aux intéressés..




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