Que vous dit le temps de la Pâque ?

par Dre Marie-Thérèse Rousseau, Ph.D.

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Pour beaucoup de gens, pour ne pas dire la très grande majorité même, la fête de la pâque -qui vient tout juste de passer au mois d'avril- ne représente qu'une vague et traditionnelle célébration de la liturgie judéo-chrétienne, où le Christ est ressuscité d'entre les morts, et où il est de coutume de manger du chocolat. Et c'est souvent ce dernier aspect de la fête qui s'avère le plus fréquemment souligné, le plus commercialement intéressant à exploiter.. Après tout, s'il n'y avait pas ce volet mercantile, que rapporterait donc cette date aux goussets des déjà bien nantis ? C'est bien là qu'est trop souvent toute la question, n'est-ce pas ? Et pour ajouter à cette confusion, je me permets de dire que j'ai même entendu mon chocolatier local demander à son commis de plancher si le mot pâque devait s'écrire avec une majuscule, et s'il fallait mettre un s ou non à sa suite..!

Devant une telle distorsion dans la compréhension populaire, et aussi de par les inéluctables liens entretenus par la Métaphysique avec les traditions mystiques sous-jacentes à la Bible [et que mon brillant collègue, le Dr Robert, a d'ailleurs travaillé dans un séminaire de niveau Maîtrise que tous devrait suivre..], il m'apparaît indispensable de revenir aux sources et de préciser certaines choses Ô combien déformées par le temps.

Tout d'abord, du point de vue strictement terminologique, le mot pâque s'écrivait initialement au singulier et sans lettre majuscule. Comme vous le savez peut-être, elle se voulait au départ une fête de la religion judaïste commémorant la célèbre sortie d'Égypte sous la guidance de Moïse, aussi connue sous l'appellation d'Exode. Et cela n'est pas surprenant, puisque l'étymologie hébreuse du terme pesah signifie passage, marquant on ne peut plus clairement le passage de l'état de servitude à l'état de gens libres pour le peuple d'Israël.

Cependant, la constitution de l'Église chrétienne au cours des années suivantes a repris à son compte cette fête taditionnelle, mais pour qualifier en fait quatre types de célébration: soit

  • la pâque juive, c'est-à-dire la commémoration de la sortie d'Égypte;
  • la Pâque chrétienne, marquant le passage de la mort à la vie du Christ;
  • la Pâque baptismale, soulignant pour le nouveau-né son passage à la communauté catholique;
  • et finalement, la Pâque de Vie, désignant notre propre, et inévitable, passage de cette vie-ci à la vie éternelle.

Et soit dit en passant, c'est justement à cause de ces quatre célébrations potentielles de la pâque, que le mot s'écrit au pluriel, et avec une majuscule puisque le personnage sacré de Jésus de Nazareth y est impliqué.

Métaphysiquement parlant, nous pourrions aisément inclure cette belle célébration dans nos us et coutumes, étant donné que cette même notion de passage exprime fort bien ce cycle karmique des incarnations et des réincarnations, tout en qualifiant du même souffle le passage de l'Être, de l'état de stagnation à l'état d'éveil, lorsqu'il s'ouvre à sa dimension personnelle transcendante, que ce soit par le biais de la méditation, de la projection astrale ou même de la prière.

Comprenons-nous bien: que Jésus ait été le fils de Dieu, qu'il soit venu sauver le monde, cela peut effectivement s'avérer à débattre. Néanmoins, un fait demeure: c'est qu'il a oeuvré ici-bas à la manière d'un mystique de très haut calibre, et ne serait-ce que pour cela, même s'il n'avait été qu'un métaphysicien inspiré, la fête de Pâques mérite pleinement d'être envisagée avec plus de dignité et de respect.






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